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Lance Armstrong a déclaré un jour : « l’entraînement, c’est 90% d’engagement physique contre 10% d’engagement mental. En compétition, c’est l’inverse.
Les athlètes emploient-ils autant de temps et de l’énergie pour développer leurs qualités mentales ?
La base : avoir un plan
- Il permet de transformer un rêve en projet d’action : se fixer deux ou trois objectifs simples et concrets à réaliser dans l’année ; se donner les moyens de les réaliser ; s’imposer une discipline et quelques contraintes
- Le plan revient à dire qu’une idée en soi ne veut pas dire grand-chose si l’on n’a pas idée des moyens nécessaires pour le mettre en œuvre
- Le rêve nous dit où aller
- Le plan, comment y aller
Un projet de vie
Rêver est une chose, vivre son rêve en est une autre : c’est le traduire dans son quotidien, chaque jour apporter sa pierre à l’édifice. Les uns pratiquent un sport, les autres font de leur sport un projet. Celui qui a un projet a de la chance car ses efforts ont du sens parce qu’ils s’inscrivent dans une vision d’ensemble. On ne va pas dans « l’effort » parce qu’on en a envie, on y va pour faire avancer le projet
Le rêve est souvent considéré comme une échappatoire à la vie de tous les jours, comme un extra. Il est presque normal de maltraiter son rêve, d’être amateur dans son rêve. Prendre son rêve au sérieux commence par lui donner un plan, et plus votre vie se confondra avec votre rêve et votre plan, plus les contraintes elles-mêmes seront devenues une raison d’être, plus vos progrès seront spectaculaires.
Tout l’intérêt du plan est dans la personnalisation des objectifs et des moyens, et si le plan voit trop loin, sa vertu première est de traduire cette vision dans le court terme (un an) et de voir maintenant quel est le prochain pas à faire.
C’est celui-là qui compte, les petits pas font les grands parcours.
Etre dans la recherche
Celui qui est champion dans sa tête se reconnaîtra à son besoin de chercher, et de comprendre, de nourrir sans cesse sa passion ou son projet avec de nouveau progrès, de nouvelles trouvailles et nouvelles remises en question.
Le plan, c’est d’abord la recherche. S’il a y une qualité qui rapproche les champions, c’est bien cette soif de recherche. Quand on n’est plus dans ce mouvement, on recule, parce que les autres avancent. Le meilleur moyen de repartir est de s’étaler à un nouvel objectif, nouveaux défis, armé d’un nouveau plan.
Lorsqu’on stagne et que l’on ne sait pas pourquoi, la solution est presque toujours du côté de la recherche ; le ralentissement des progrès est dû à une baisse d’intensité dans la recherche.
Les grands athlètes, artistes ne sont jamais comblés et peuvent se remettre en question simplement par défi (le peintre Francis Bacon, à l’âge de 80 ans, avouait : « ce qui m’embêtent avec mes toiles, c’est que maintenant je sais les faire).
La discipline et l’intensité
Dans la vie et à plus forte raison dans le sport de haut niveau, la réussite dépend moins du talent que l’on a reçu que de la force que l’on va déployer pour faire fructifier ce talent. On se ressemble tous, ce qui fait la différence : c’est l’effort.
La discipline est souvent comparée à l’enfermement, la prison. Plutôt que de parler de prison, employons le terme « bulle de concentration » ou « cocon » à l’intérieur duquel le talent pourra grandir et un jour percer. Plus le cadre est rigoureux, plus on a l’esprit dégagé, et plus on peut s’exprimer librement.
Il revient à chacun à trouver sa discipline, les procédures ou les principes n’importent que peu, l’essentiel est d’acquérir une routine de l’effort grâce à laquelle on ne pose plus de question de l’effort, de pouvoir se concentrer longtemps. La discipline est acquise quand les règles sont automatisées et que ce n’est plus la peine d’y penser.
Le talent ce n’est pas toujours ce que l’on croit ou voit : Picasso disait : « le plus important dans le travail, c’est ce qu’on ne voit pas » : le travail, la recherche, le plan.
La maîtrise des champions trouve son origine dans les qualités mentales (intensité de concentration, rigueur, souci du détail)
Il n’y a pas d’hommes exceptionnels, il n’y a que des environnements exceptionnels. Les hommes qui parviennent à se dépasser ont souvent fait face à des situations exceptionnelles où ils se trouvaient dans l’obligation de réussir.
Si ces situations n’existent pas, il faut les créer ! Par exemple :
- Ajouter des opérations « commando »
- Changer vos habitudes
- Faire un sacrifice financier, affectif
- Envisager un séjour à l’étranger
- Entraînez-vous avec des athlètes d’un autre sport
- Engagez-vous dans un travail psychologique
Tony JOSSELIN